
LA COOPÉRATION DES ÉTATS AVEC LES MÉCANISMES AFRICAINS DE PROMOTION ET DE PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME
À côté d’une multitude d’instruments garants de la dignité humaine, l’Afrique dispose d’outils institutionnels variés chargés de la mise en œuvre et de la préservation des droits de l’homme. Pourtant, l’actualité récente met en lumière les résistances récurrentes des États et les difficultés persistantes dans l’exécution des décisions des organes de protection.
| Détails sur le livre | |
|---|---|
| Auteur | S.la dir. de Carole Valérie NOUAZI KEMKENG & Serges Frédéric MBOUMEGNE DZESSEU |
| ISBN | 978-9956-532-44-5 |
| Nombre de pages de la version papier | 360 pages |
| Format | 16.5 / 24 cm |
| Date de publication | 2025 |
| Editeur | Presses universitaires d'Afrique |
| Langue | Français |
À côté d’une multitude d’instruments garants de la dignité humaine, l’Afrique dispose d’outils institutionnels variés chargés de la mise en œuvre et de la préservation des droits de l’homme. Pourtant, l’actualité récente met en lumière les résistances récurrentes des États et les difficultés persistantes dans l’exécution des décisions des organes de protection. Cet ouvrage collectif interroge ainsi l’engagement réel des États africains envers ces mécanismes, souvent fragilisés par le non-respect de leurs obligations de coopération.
Fruit d’une collaboration entre plusieurs chercheurs, l’ouvrage propose une analyse critique des textes et de la jurisprudence issue du contentieux régional africain, enrichie par des expériences nationales, communautaires et des enseignements tirés de systèmes non africains. Les auteurs soulignent l’importance de faire de la coopération des États un pilier incontournable du droit international des droits humains, condition de l’efficacité des décisions rendues et de la satisfaction des justiciables.
Conçu pour être accessible à un large public, ce livre s’adresse aux enseignants, chercheurs, juristes, praticiens du droit, organisations étatiques et non étatiques ainsi qu’aux étudiants, en vue de contribuer à la construction de l’État de droit en Afrique.
Remerciements vii
Avant-propos ix
Préface xi
Sommaire xv
Chapitre introductif : Aperçu général de la coopération des États avec les mécanismes africains de promotion et de protection des droits de l’homme 19
Carole Valérie NOUAZI KEMKENG
Introduction 19
I. L’essor de la coopération 24
A. La coopération contentieuse 24
1. Une coopération contingente avec la Cour africaine des droits de l’homme
et des peuples 25
2. Une coopération constante avec la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples 31
3. Une coopération timide avec le Comité africain d’Experts sur
les droits et le bien-être de l’enfant 33
B. La coopération non contentieuse 35
1. L’obligation de soumission des rapports périodiques et
de respect des recommandations 35
2. La mise en place des mécanismes spéciaux 37
II. La paralysie de la coopération 39
A. Le manque de coopération loyale de la part des États en matière de procédure 39
B. La désinvolture des États relativement au respect des décisions
des organes de protection 41
Conclusion 46
Bibliographie 47
Première partie : Le cadre théorique de la coopération des États avec les mécanismes africains de promotion et de protection des droits de l’homme
Chapitre 1: Existe-t-il une obligation générale de coopérer en droit international
des droits de l’homme ? 57
Apollin KOAGNE ZOUAPET
I. La progressive affirmation de la coopération comme principe
du droit international 62
A. Le commun, lieu d’émergence d’une obligation de coopérer en droit international 62
B. La coopération comme moyen indispensable pour assurer la jouissance universelle des droits de l’homme 66
II. Le chantier de l’élaboration normative du champ d’une obligation de coopérer en droit international des droits de l’homme 69
A. L’assistance comme véhicule de la coopération : une obligation modulable 70
B. La recherche des moyens et méthodes d’implémentation : due diligence et obligations extraterritoriales 74
C. L’acquis : La consécration d’une obligation de coopérer pour réprimer les violations graves et massives des droits humains et y mettre fin 79
III. Obligation de coopérer comme norme programmatique en droit international des droits de l’homme 81
A. Une attente plus qu’une obligation coutumière 82
B. Un défi sur le plan de l’opérationnalisation dans le champ de la responsabilité 85
Conclusion 89
Bibliographie 89
Chapitre 2 : L’obligation de coopérer dans le système africain des droits de l’homme 97
Serges Frédéric MBOUMEGNE DZESSEU
Judicaël Élisée TIEHI
Introduction 99
I. Une obligation de coopérer diluée au niveau de l’adoption des instruments des droits de l’homme 101
A. Un exercice détourné du droit aux réserves au traité 101
1. L’usage des réserves aux traités de protection des droits de l’homme 101
2. Un usage abusif par les États africains des réserves aux instruments relatifs aux droits de l’homme 103
B. Des approximations notables quant au respect des conditions de sortie des instruments des droits de l’homme 104
1. Un difficile respect de l’obligation de coopérer tenant à la dénonciation
des traités 105
2. Un respect problématique de l’obligation de coopérer relativement au retrait de la déclaration d’acception 106
II. Une obligation de coopérer contestée s’agissant de l’exécution des actes émanant des organes de protection des droits de l’homme 107
A. Une relative prise en compte des recommandations des organes quasi-judicaires de protection des droits de l’homme 107
1. Une observation ambiguë des recommandations de la Commission
africaine 108
2. Un suivi mitigé des recommandations du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant 110
B. Une exécution parcimonieuse des décisions des organes judiciaires
de protection des droits de l’homme 112
1. Une exécution timorée des arrêts de la Cour africaine des
droits de droits de l’homme 112
2. Une exécution timide des arrêts de la CJCEDEAO 115
Conclusion 118
Bibliographie 119
Deuxième partie : La coopération des États africains à la pratique du
contentieux régional africain des droits de l’homme
Chapitre 3 : De l’exceptionnalité de la remise en liberté ordonnée dans l’affaire Mgosi Mwita Makungu c. République-Unie de Tanzanie : lorsque la Cour africaine renouvèle les paramètres de sa relation avec l’État en cause en matière de réparation 125
Patrick L. BADUGUE
Introduction 126
I. La Cour africaine a la faculté d’adopter une posture directive dans son rapport
avec les États en cause : l’existence d’une base normative généreuse quant aux
options en matière de réparation 128
A. Le droit de la réparation : entre la lettre du texte et la pratique de la Cour africaine 123
1. La lettre de l’article 27 (1) du Protocole et la plénitude de juridiction en matière de réparation 129
2. « Toutes mesures appropriées » : l’interprétation qu’en donne
la Cour africaine 130
B. Analyse comparée du droit de la réparation devant la Cour de Strasbourg : lecture croisée des articles 27 (1) du Protocole de la Cour africaine et 41 de la Convention européenne des droits de l’homme 131
1. Une approche restrictive du pouvoir juridictionnel de réparation devant la Cour européenne 132
2. Une approche extensive du pouvoir juridictionnel de réparation devant la Cour africaine 134
II. La réalité d’une délégation de son pouvoir au profit des États en cause :
lorsque la Cour africaine se refuse l’usage du pouvoir de direction et renvoie aux
États le choix de la nature et des moyens de la réparation 134
A. Un usage passif de son pouvoir de réparation : le seul constat
des violations sans mesure directive 135
B. Un usage actif de son pouvoir de réparation 135
C. Une certaine prudence quant à l’entière appropriation de l’article 27 (1) du Protocole 136
1. Ce que la Cour africaine dit ne pouvoir faire : raisonnement par
l’emprunt 137
2. Ce que la Cour africaine ne s’autorise à faire que de façon exceptionnelle : ordonner directement la remise en liberté 138
III. La Cour africaine entre construction d’un effacement et émancipation
vis-à-vis de la discrétion des États en matière de réparation ? 138
A. Une casuistique juridiquement identique pour des conclusions différentes :
la faiblesse empirique du critère d’exceptionnalité 138
1. Affaire Alex Thomas c. République-Unie de Tanzanie : des manœuvres d’évitement de la Cour africaine et la production de l’insaisissable discours sur l’exceptionnalité 139
1.1. Résumé des faits 139
1.2. Éléments du fond ayant conduit au refus d’ordonner la remise
en liberté 139
2. Affaire Mgosi Mwita Makungu c. République-Unie de Tanzanie et l’émergence spontanée d’un contenu donné aux critères érigés de fortune 142
2.1. Résumé des faits 142
2.2. Éléments ayant déterminé la décision de remise en liberté 142
B. Deux poids, deux mesures ? faiblesse théorique du critère surabondant d’exceptionnalité 144
C. Le discours sur l’exceptionnalité de la remise en liberté : déportation du terrain juridique vers le champ des considérations de politique judiciaire 145
1. L’autolimitation de l’organe de protection des droits de l’homme sous la pression d’un environnement dominé par les États 146
Conclusion 148
Bibliographie 148
Chapitre 4 : La coopération des États avec la Cour africaine des droits de l’homme
et des peuples pour l’exécution de ses décisions 153
Jocelyne DJEUYA TCHUPOU
Introduction 154
I. Le principe : une coopération étroite 158
A. La consécration juridique de l’obligation d’exécuter les décisions de la Cour 159
1. La consécration textuelle 159
2. La consécration jurisprudentielle 160
B. Une affirmation de principe régulièrement opérée dans la rhétorique des États 161
1. Une reconnaissance esquissée dans les déclarations étatiques 161
2. Une absence de remise en cause de l’obligation d’exécution des décisions
de la Cour par les pouvoirs étatiques 163
II. Le constat : une coopération empreinte de tension 165
A. Les manifestations protéiformes de la tension 165
1. Des atteintes récurrentes au principe de bonne foi 166
2. Les motifs invoqués 168
B. Une résistance aux conséquences fâcheuses 170
1. La fragmentation de l’étendue de l’obligation 170
2. Vers un renforcement du contenu de l’obligation ? 171
Conclusion 173
Bibliographie 174
Chapitre 5 : Le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant
et la mise en œuvre de ses décisions en matière contentieuse : analyse de 10 ans
de pratique, 2011-2021 179
Hermine KEMBO TAKAM GATSING
Introduction 180
I. Une approche proactive : la gestion intelligente de la phase contentieuse 183
A. Le contentieux comme espace de dialogue entre les parties 184
1. L’administration des mesures d’instruction 184
a. La patience dans les notifications des parties 184
b. La généralisation des audiences 185
c. Le contact avec la réalité à travers les descentes sur les lieux 186
2. La promotion active du règlement amiable 187
B. Le contentieux comme espace de communication entre le Comité et les parties 189
1. La nécessité d’améliorer la rédaction des recommandations 189
2. L’exigence d’affinement de la démarche technique du Comité 189
a. L’impératif de confinement du Comité au jugement de la conventionalité 189
b. L’urgence de la clarification des options sur les recommandations pécuniaires 191
II. L’approche réactive : La multiplication des stratégies de suivi de la mise en œuvre des recommandations 192
A. L’approche de coopération pacifique privilégiée 193
1. L’évolution des techniques de suivi 193
a. L’option initiale : Un rapport de l’État partie sur la mise
en œuvre des décisions 193
b. L’option subséquente : l’institutionnalisation des audiences de suivi 193
i. Le régime des audiences de suivi clarifié 193
ii. La vitalité des audiences du suivi 194
2. L’intégration du suivi dans les divers aspects du mandat du Comité 198
B. L’approche contraignante explorée 199
1. La saisine des organes délibérants de l’Union 199
2. La saisine souhaitée de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples 199
Conclusion 201
Bibliographie 201
Troisième partie : Les expériences nationales et communautaires de la
coopération des États avec les mécanismes africains de promotion
et de protection des droits de l’homme
Chapitre 6 : La coopération de la République Démocratique du Congo avec la Commission africaine de protection des droits de l’homme 207
Joseph KAZADI MPIANA
Introduction 208
I. Le niveau de coopération entre de la RDC et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples 210
A. La coopération balbutiante au niveau de la recevabilité et du fond
des communications 211
B. La coopération de la RDC pour l’exécution des recommandations
et décisions de la Commission africaine 212
II. Un creuset prometteur de la coopération de la RDC avec la
Commission africaine des droits de l’homme et des peuples 222
A. La publication au Journal officiel de la RDC des Observations
générales de la Commission africaine 222
B. La création d’une commission ad hoc chargée de donner suite au contenu d’une communication de la Commission africaine 225
C. La collaboration dans le cadre de la présentation des rapports 227
Conclusion 231
Bibliographie 232
Chapitre 7 : Vers une défiance des mécanismes africains de protection des droits de l’homme envers les États d’Afrique de l’Ouest ? 237
Firmin Mirabo NGOUNMEDJE
I. Une défiance constatée au niveau de l’adoption des instruments 242
A. La traduction de la défiance 242
1. La défiance à travers le chauvinisme juridique 242
2. La défiance à travers la minoration des mécanismes 245
B. L’opérationnalisation de la défiance 246
1. Les contraintes matérielles liées à la ratification des conventions internationales relatives aux mécanismes de protection 246
2. La priorisation des mécanismes internes de certains Etats d’Afrique
de l’Ouest 247
II. Une défiance neutralisée 249
A. Le caractère impératif de l’obligation de protection de droits de l’homme 250
1. L’encadrement rigoureux de l’épuisement des voies de recours internes 250
2. L’hypothèse de violations graves des droits de l’homme 251
B. Le renforcement des procédés de soumission de l’État aux mécanismes africains de protection des droits de l’homme 251
1. L’aménagement des mécanismes incarnés par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples 251
2. La consolidation des mécanismes inhérents à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples 252
Bibliographie 254
Chapitre 8 : La coopération des États avec le Tribunal de la Communauté Africaine de Développement de l’Afrique Australe (SADC) 256
Julie BASAANE GNEBA
Introduction 258
I. Une coopération initialement ambitieuse 262
A. Du point de vue formel 262
B. Du point de vue institutionnel 265
II. Une coopération finalement trompeuse 266
A. La dissolution explicite du Tribunal de la SADC 268
B. Les conséquences de la dissolution du Tribunal de la SADC 270
Conclusion 271
Bibliographie indicative 274
Quatrième partie : La coopération des États avec les mécanismes de
promotion et de protection des droits de l’homme :
Quelles leçons tirées des mécanismes non africains ?
Chapitre 9 : La coopération des États de l’Organisation des États Américains (OEA)
avec les mécanismes interaméricains de protection des droits de l’homme 279
Julie BASAANE GNEBA
Darelle KAMDOUM MBAKOP
Carole Valérie NOUAZI KEMKENG
Introduction 280
I. La différenciation des engagements des États 283
A. La division culturelle 283
1. L’adhésion des États latino-américains au processus de juridictionnalisation 283
2. Une stratégie radicale du hors-jeu conventionnel des États anglophones 285
B. La dénonciation des engagements 287
1. Une dénonciation encadrée 288
2. La pratique des dénonciations 289
II. La méfiance des États au niveau de la mise en œuvre des décisions 291
A. Une coopération déloyale en matière d’exécution des décisions 292
1. Les résistances face à l’adoption des mesures législatives internes 292
2. Les résistances face à l’adoption des mesures de réparation 294
B. Une méfiance maîtrisée : une coopération verticale affermie entre les États et les organes de protection 296
1. Une coopération judiciaire renforcée 296
2. Une diplomatie politique renforcée 299
Conclusion 301
Bibliographie 302
Chapitre 10 : La coopération des États avec la Cour européenne des droits
de l’homme 307
Romeo Derrick ETALLA FOHOGANG
Adolphe Joel MENDJANA ONGONO
Firmin Mirabo NGOUNMEDJE
Introduction 308
I. Une coopération formellement établie 311
A. Un engagement formel assumé 312
1. L’acceptation des instruments normatifs structurant la coopération 312
2. L’acceptation de la juridiction de la Cour 314
B. Un déploiement pratique constaté 316
1. La participation des États au fonctionnement de la Cour 316
2. La participation au sein des instances d’accompagnement de la Cour 318
II. Une coopération matériellement desservie 319
A. L’impact de la résistance originelle : la volonté de diminuer la Cour 319
1. Les tentatives de limitation fonctionnelle 319
2. La saisine résiduelle par les États parties 321
B. Les effets de la méfiance continuelle : l’acceptation biaisée de l’office de la Cour 323
1. La dépréciation de l’autorité des décisions 323
2. La résistance dans l’exécution des arrêts 325
Conclusion 328
Bibliographie 323
Conclusion générale 329
Index de jurisprudence 337
Notice biographique 347
Table des matières 351














